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Qu’est-ce qui maintient les tensions, les conflits dans une relation ?

Line, mariée depuis trois ans et maman d’un jeune enfant, supportait de moins en moins le côté maniaque de son conjoint concernant ses affaires, ainsi que le fait de devoir lui demander de l’aide dans le quotidien.

Les tensions se sont progressivement installées.
Parfois avec des accalmies.
Parfois avec des réactions de colère qu’elle ne parvenait plus à maîtriser.

Je me souviens aussi de cette relation entre une mère et sa fille, elle-même devenue maman.

Elle vivait difficilement les attentes de sa mère, comme si celle-ci avait tous les droits.

Les remarques la blessaient profondément.
Les disputes s’installaient.

Puis la distance.         

Romain, récemment devenu responsable d’équipe dans un service où il travaillait auparavant,

refusait systématiquement de rédiger le compte rendu mensuel des réunions.

Tous les autres responsables le faisaient.
L’assistante du service aussi, mais le sien était plus général.

Lui considérait que cela ne relevait pas de son rôle.

Chaque mois, les tensions avec son équipe augmentaient, jusqu’à des clashs virulents avec certains collègues.

Et un jour, il s’est mis à hurler sur l’assistante, lui reprochant de ne pas avoir mis le compte rendu en ligne.

Puis il y a Marie, mariée depuis quarante ans.

Avec son mari, les échanges sont devenus des reproches.

Et au fil des années, la tension est devenue une manière d’être ensemble.

Tensions amicales, de couple, professionnelles ou familiales :

que retrouve-t-on de commun dans ces situations ?

Dans une relation, il existe souvent une forme d’équilibre implicite.

Et il arrive que ce qui nous « dérangeait » chez l’autre finisse par prendre toute la place. On ne voit plus que cela.

Un manque d’amour envers soi-même ou des attentes silencieuses rendent chaque parole plus sensible, plus piquante.

Comme si l’autre devenait responsable d’une douleur que l’on ne voit pas.

Les tensions ont souvent un goût de répétition.

Les événements semblent se rejouer, entraînant souvent les mêmes réactions,

comme si nous étions coincés dans une boucle que nous ne comprenons pas.

 

Bien souvent, dans les tensions relationnelles, nous attendons de l’autre quelque chose qu’il ne voit pas.

 

Il faut qu'il comprenne.
Il faut qu’il voie ce que je ressens.
Il faut qu’il change.

Et lorsqu’il ne le fait pas, les tensions grandissent.

Ce qui nous touche, ce qui nous fait souffrir dans la relation, parle aussi de nous.

Les non-dits entretiennent alors les interprétations et les distances.

Le besoin de contrôle pousse à vouloir que les choses se déroulent d’une manière précise.

Derrière cela, il y a souvent :
une peur de la réaction de l’autre ;
une difficulté à exprimer ou à reconnaître ce que l’on ressent, ce que l’on veut ;
une forme d’insécurité.

L’image que nous avons de nous-mêmes est au cœur de nos relations.

Il ne faut pas que ce modèle que nous avons construit, ce repère, ce socle, s’effondre.

Si nous retrouvons un peu de souplesse dans ce qui nous tend, alors la relation à nous-mêmes évolue.

Et nous pouvons vivre  autrement la relation à l’autre, aux autres.

La situation ne disparaît pas forcément, mais nous sommes mieux armés pour la vivre.

Ne plus être dans la même attente.
Créer plus de distance.

Notre communication change.

Reconnaître et accepter ce que l’on ressent apporte une certaine libération et une meilleure compréhension de soi.

Certaines tensions finissent par nous enfermer dans les mêmes réactions.
Les regarder autrement permet parfois de laisser émerger ce qui cherche à être dit.

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