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Chez moi, sans être chez moi

Qu'est-ce qui fait la qualité d'une vie, y compris au travail ?

​On se lève tous les matins pour se rendre dans un endroit où l'on côtoie d'autres comme nous.

Ça commence par les transports, où l'on ne réalise pas forcément que les odeurs, le bruit,

surtout le bruit, viennent déjà nous accabler, nous fatiguer.

​

Et puis les autres, qui se bousculent, qui nous bousculent et qui font résonner notre intérieur, mais pas encore assez fort.

​

On court pour gagner ces quelques minutes, ces quelques secondes, comme si notre vie en dépendait.

Comment font-ils, ceux-là ?

​

Ceux qui ne courent jamais.

​

Enfin, devant les portes de chez moi.

​

Ben oui, c'est ma maison, celle où j'y passe le plus de temps, chez moi, sans être chez moi...

 

On retrouve nos « potes et nos moins potes », et la journée commence.

​

Parfois, la lumière naturelle nous accompagne. On jette un regard par la fenêtre et l'apparition

d'un rayon de soleil suffit à rendre la journée plus légère.

​

Parfois, c'est l'inverse. Entre les transports, les locaux et les jours d'hiver, la lumière artificielle

occupe presque tout l'espace. On attend alors le retour des beaux jours.

 

Dans cette maison,

certains sont déjà opérationnels dès le matin. D'autres démarrent au ralenti et semblent

n'émerger qu'en fin de journée. Quand les premiers commencent à fatiguer, les seconds prennent leur élan.

​

On oublie parfois que nous ne sommes pas tous construits sur le même rythme.

​

On est entouré de bonnes énergies. L'équipe est bien, le manager aussi. Il nous comprend,

il se bat pour nous, essaie d'améliorer les choses. On n'est pas toujours d'accord, mais on sait qu'il est là.

Il arrive qu'il ne réponde pas aux attentes de tous et là, parfois, ça déraille. Il devient moins « sympa », et on l'aime moins.

 

Dans cette maison,

nous avons aussi besoin d'être reconnus.

Pas seulement pour ce que nous produisons.

Mais pour notre engagement, nos efforts, notre présence.

​

Il arrive pourtant qu'après une année passée à faire de son mieux, on ressorte d'un entretien

avec cette étrange impression que cela ne suffit jamais vraiment.

​

Dans cette maison,

Chacun porte quelque chose. Les salariés, leurs contraintes, leurs attentes, leurs inquiétudes.

Les dirigeants aussi. Derrière certaines décisions se cachent parfois des équilibres fragiles,

des budgets serrés et la nécessité de maintenir l'ensemble à flot.

​

Dans notre maison, on rit, on pleure, on se confie, on tisse des liens forts. Certains le sont moins.

Que ce soit avec un collègue ou un responsable, quand la relation se tend de plus en plus,

on ne s'écoute plus, jusqu'à se crier dessus.

​

On va organiser des événements pour qu'on se retrouve tous, qu'on passe un bon moment, et c'est souvent le cas.

​

Il y a ces interventions pour nous apprendre à nous calmer, à gérer notre stress...

​

Et après ?

​

Lorsque nous parlons de qualité de vie au travail, nous nous arrêtons souvent aux conditions qui l'entourent : l'environnement, l'organisation, la charge de travail, les relations ou encore les avantages proposés.

​

Tout cela compte.

​

Mais qu'essayons-nous réellement d'améliorer lorsque nous parlons de qualité de vie ?

​

Peut-être d'abord la qualité de la vie elle-même.

​

Car l'entreprise est une étrange maison.

​

On y arrive avec nos préoccupations, nos enthousiasmes, nos fatigues et nos attentes.

On y retrouve des personnes que l'on apprécie, d'autres moins.

On y construit des amitiés, des rivalités parfois.

On y partage des réussites, des désaccords, des déceptions et des espoirs.

​

Cette maison possède ses règles, ses habitudes, ses valeurs, ses figures d'autorité et ses récits collectifs.

​

Une société miniature dans laquelle se rejoue une partie de ce qui existe déjà à l'échelle de la société tout entière.

​

On y parle de reconnaissance, de justice, de coopération, de responsabilité, de liberté, de pouvoir et de solidarité.

​

Comme partout où des êtres humains vivent ensemble.

​

Alors bien sûr, la lumière compte.

​

L'espace compte.

​

Le bruit compte.

​

L'organisation compte.

​

Mais cela suffit-il à expliquer pourquoi certaines personnes se sentent bien dans cet environnement

tandis que d'autres s'y épuisent ?

​

La question est peut-être aussi ailleurs.

​

Dans la manière dont nous vivons ces expériences.

​

Dans la place qu'elles prennent en nous.

​

Dans le sens que nous leur donnons.

​

Au fond, qu'essayons-nous réellement d'améliorer lorsque nous parlons de qualité de vie ?

​

La lumière ?

​

L'organisation ?

​

Les relations ?

​

Ou cherchons-nous à donner davantage de sens à cette partie de notre vie que nous passons dans cette maison ?

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